Début des opérations de «blocage» des prisons

15 janvier 2018
Par L'Est Eclair
À l’appel des syndicats de surveillants pénitentiaires, plusieurs prisons ont commencé à être « bloquées » dès 6h ce lundi matin. Les trois établissements pénitentiaires aubois sont également concernés par ce mouvement de protestation.

Les premières opérations de «blocage» ont débuté lundi matin dans plusieurs prisons de France à l’appel des syndicats de surveillants, qui réclament plus de sécurité après l’agression de trois gardiens par un détenu jihadiste dans le Pas-de-Calais.

Cette «opération prison morte» est lancée par les trois syndicats l’Ufap-Unsa Justice, syndicat majoritaire, la CGT Pénitentiaire et FO Pénitentiaire, qui assurent qu’elle est «reconductible».

«Tant qu’on ne trouvera pas un chemin d’entente avec le gouvernement, on ne lâchera rien», a affirmé Jean-François Forget de l’Ufap-Unsa, qui dénonce «l’impunité totale» dans les prisons et le «laxisme» des gouvernements successifs face au traitement des détenus radicalisés les plus violents.

La ministre de la Justice Nicole Belloubet doit se rendre mardi à Vendin-le-Vieil, où trois gardiens ont été blessés jeudi à l’arme blanche par l’islamiste allemand Christian Ganczarski, un des instigateurs de l’attentat contre la synagogue de Djerba (Tunisie), qui avait fait 21 morts en avril 2002.

Des débrayages ont déjà eu lieu dans plus d’un tiers des établissements pénitentiaires français, vendredi, au lendemain de l’agression.

À Vendin-le-Vieil, une centaine de surveillants bloquaient à nouveau, «quasiment totalement», la prison lundi matin, a constaté une journaliste de l’AFP.

À Fresnes (Val-de-Marne), environ 150 agents se sont réunis à partir de 6h autour de barricades dressées le long de l’allée bordant le mur d’enceinte du centre pénitentiaire, où les manifestants faisaient brûler quelques palettes, sous l’oeil de quelques CRS, a constaté un journaliste de l’AFP.

«On veut montrer notre soutien aux collègues de Vendin. Pour nous, ça reste un attentat et pas une agression lambda», soutient Frédéric Godet, délégué syndical Ufap-Unsa.

«On a pas mal de détenus radicalisés en sous-marin dans la détention.(...) Avec la surpopulation et le manque d’effectifs, c’est dur de s’en rendre compte», a ajouté Christian, surveillant dans cette prison remplie à 200% de sa capacité.

La maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) et les centres pénitentiaires de Meaux-Chauconin et de Réau (Seine-et-Marne) étaient totalement bloqués à 6h30, selon des sources syndicales à l’AFP.

À Marseille, une cinquantaine d’agents, postés à 6h30 devant les deux entrées de la prison des Baumettes, entendent bloquer «pendant quelque temps» l’entrée des agents venant prendre leur service, a constaté une photographe de l’AFP. Des palettes ont également été installées.

«C’est une première mobilisation pour montrer au gouvernement qu’il doit nous prendre au sérieux. Il faut arrêter les belles paroles, on veut des actes concrets pour l’amélioration de nos conditions de travail et notre sécurité», a expliqué David Cucchetti, de la CGT-Pénitentiaire.

Dans l’Aube, les trois établissements pénitentiaires du département situés à Troyes, Clairvaux et Villenauxe-la-Grande sont aussi concernés par ce mouvement de protestation. Plus d’infos à venir